Lorsque la route est longue, voire altérée, il est opportun de tisser le chemin qui disperse la crainte. Il peut être la course d’une bête à travers les vallées, une fulgurance intérieure, un soleil qui nous saisit puis nous brûle, l’espace qui relie la fleur à son étoile ou même encore le vol plané d’un pigeon qui reviendrait chez lui juste avant de saigner et même celui d’après sa mort. Quel que soit le chemin, l’important est qu’il soit parcouru jusqu’au bout et jamais à moitié. Sans le chant des oiseaux, seuls comptent la complicité et le dévouement que nous inspire la lune. Nous pouvons par choix nous l’offrir à nous-mêmes et, par relation, aux autres. Là, persiste notre volupté à nous défaire de la nuit qui s’installe, à défaire la nuit même.

